L’examen de la peau est facile car il s’agit d’un organe accessible à la vue et au toucher. Cet examen devra intéresser systématiquement la peau, les muqueuses et les phanères : cheveux, poils et ongles.

Histologie de la peau et des annexes

L’examen de la peau comprend 3 temps : l’interrogatoire accompagnera l’inspection et la
palpation.

1. L’interrogatoire va s’attacher à préciser les points suivants :
— La date et le mode d’apparition des lésions.
— Les circonstances écologiques : notion d’un contage septique, d’application ou
d’ingestion médicamenteuse, d’exposition à certains agents physiques.
— Les particularités évolutives : évolution d’un seul tenant ou au contraire par poussées.
— La recherche de signes fonctionnels accompagnateurs :
· Douleur localisée à type de cuisson ou de brûlure, douleur de type névralgique,
telles qu’on peut les rencontrer au cours du zona (infection virale à tropisme neuroectodermique).

· Prurit : la recherche de la notion de prurit est fondamentale. En effet ce signe est à
la base de certaines classifications dermatologiques; c’est ainsi que l’on distingue :
— les dermatoses prurigineuses : exemple urticaire, eczéma;
— les dermatoses non prurigineuses : exemple psoriasis.

2. L’inspection : est le temps essentiel, elle doit obéir à 4 règles; elle doit être :
— Totale : le malade doit être entièrement dévêtu et l’examen doit concerner non seule
ment la peau en totalité, mais aussi les ongles, les poils et les cheveux.
— Préparée : après nettoyage de la peau.
— Bien éclairée : à la lumière du jour en s’aidant d’une loupe.
— Minutieuse : elle doit préciser la topographie, la dimension, la teinte, les contours, le
relief, le nombre et le mode de groupement des lésions. Elle va apprécier la couleur de la
peau et rechercher une anomalie.

3. La palpation
3.1. Lorsqu’il n’existe pas de lésion cutanée apparente : la palpation doit systématiquement
apprécier la souplesse, l’élasticité, la température, le degré de sécheresse ou d’humidité : par exemple au cours du myxoedème (insuffisance thyroïdienne) les téguments sont épaissis et secs, au contraire en cas d’hyperthyroïdie les téguments sont chauds et humides.
La palpation se fait avec la pulpe et avec la face dorsale des doigts pour mieux percevoir
les différences de température; entre le pouce et l’index pour apprécier l’épaisseur et la
souplesse de la peau. C’est ainsi qu’on recherche la persistance du pli cutané signant un état de déshydratation.
La palpation permet également d’apprécier l’état du tissu sous-cutané : le degré d’adiposité; l’existence d’oedèmes sous-cutanés par la recherche du signe du godet.
3.2. Lorsqu’il existe des lésions cutanées apparentes à l’inspection, la palpation renseigne
sur la consistance : induration ou souplesse de la base d’implantation, recherche de
l’adhérence aux plans profonds.
Par la vitro-pression, qui peut être remplacée par l’étirement de la peau entre le pouce et
l’index, on peut faire la différence entre une lésion érythémateuse s’effaçant à la vitro pression et une lésion purpurique qui ne s’efface pas.
Le grattage des lésions peut mettre en évidence l’existence de squames.

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